22.08.2008
Je vis dans ce monde, en bas de chez moi
Ceux qui parlent depuis leur étage, leurs belles fenêtres et leurs beaux chassis. Ceux qui regardent passer leur quartier de zone à éviter le soir à zone sécurisée. Je traverse le quartier depuis des années. Les moments sans les sonneries hurlantes me rendent amoureuse des allées et des coin de rues : le moindre phone shop devient un bijou, une perle du collier. Et pourtant, quand les ambulances, quand les cris, quand les flics et les agents proximus, quand les clodos qui insultent, quand les racistes qui insultent, quand les filles sifflées : je hais cette portion d'humanité. J'aimerais ces scènes du cinéma quand les arbres fleuris ou gelés sont toujours accompagnés d'avenues chantantes. Mais pas dans ce monde, pas encore, plus jamais, pas ici : pas pour nous. Alors ceux qui regardent depuis leur balcon, depuis leur gauche, leur extrême gauche parfois, parlent de démarche citoyenne dans leurs tracts, je me demande qui est responsable : descendre ! descendre de son bel étage. Descendre de ses opinions, les mettre dans cette rue. Créer cette pression sociale. Que les sirènes ou les chaises qui volent aux terrasses des cafés ne coexistent pas en toute impunité. Qu'on dessine, redessine, chaque jour, avec ce en quoi on croit mais après s'être demandé : qu'est-ce qui rendra la vie meilleure au plus grand nombre ?
Et puis, évidemment, se dire : "et que ferais-je si je ne suis pas du plus grand nombre"...
10:10 Publié dans en mon absence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : violence, tracts, café
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