20.09.2008
Cow-boys
Je crois que je ne suis jamais tant émue par les gens que quand je suis émue par les Carolos. Cet après-midi, fin de journée, bientôt le train de retour. Et j'emprunte le passage piétonnier : une fête à thème, tous les commerçants en cow-boys.
Je vois les enfants s'amuser sur un gros nounours qui fait rodéo, des chevaux et des attelages sont mis çà et là, et les terrasses sont pleines : barbecue, stetson et bandanas : notre vision du far-west le temps d'un événement en ville. Rien d'extraordinaire, mais la bonhomie carolo est si tendre que ce simple jeu prend, et tout le monde s'y met. Les gens de là-bas, ils sont pas friqués. Ils ont un peu des goûts de chiotte aussi. Ca donne en gros les mêmes femmes vulgaires mais dans des vêtements aux matières moins nobles qu'à l'avenue Louise (jumelée depuis cette semaine avec un quartier riche de Paris)
J'entendais sur France Inter, hier, une émission sur les Français (pas n'importe lesquels) qui s'installent en Belgique. Ils parlaient du Cercle Lorraine, ou du Club Lorraine (zut, j'ai oublié). Et aujourd'hui dans le journal qui prend le train avec moi pour aller à Charleroi : Picqué avec Bernadette Chirac.
Mais donc, je quitte le bureau et traverse les rues de ma ville natale, que j'aime comme on aime les défauts de ses proches. Je souris tout du long, chevaux, stands, jeux, enfants : c'est proche, c'est simple. C'est vivant et les gens s'excusent quand ils vous bousculent. Ils sourient aussi, tous complices de jouer aux cow-boys, tous heureux de ce peu de vie et de confort aujourd'hui, au Pays noir. On ne joue pas les indiens, on ne joue pas les minorités. On ne joue pas ce qu'on est.
20:35 Publié dans Sans casier | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : prolétaires, charleroi, ville, pauvreté
Commentaires
Vous avez bien raison, ma bonne fille !
Je vous laisse quelques temps sans surveillance et vous reprenez vos délires...
Charleroi !!!!
Au fait, excusez mon absence, j'étais à l'hôpital : la vie qui s'échappe ... avec le temps ; et, le corps qui fabrique des cellules à n'en plus finir. Pour retenir la vie... Bien sûr. Mais la vie, c'est la liberté. La cavale. Et ma vie fout l'camp.
Ca vous fera peut-être rire !
Moi qui veut mettre en taule tous les salopards... me voilà bien rattrapé. J'suis pas seulement une cellule... mais un quartier disciplinaire à moi tout seul.
Un centre de rétention. Mais rétention de quoi ! Y'a rien à retenir - ni de moi, ni des autres. Ni de la vie. Tout est cassé. Foutu.
Et au pays de Charleroi !!!! Vous en parlez avec tellement de ... tellement de ... naîveté. Ou fraîcheur, penseront certains.
Oui. Vous avez bien raison, Evey.
Charleroi, c'est le far-west. Depuis toujours. On tire au gros calibre partout. Et les chefs de bandes dirigent la Ville.
Les enfants s'amusent avec des gros nounours qui ont des allures de Dutroux. (Mais je ne veux pas généraliser).
La bonhomie carolo ! Vraiment. Qu'est-ce que vous avez à vendre, Evey ? Votre âme ?
Charleroi : tous des gueules noires. Mais la gueule est noire à l'extérieur - à l'intérieur aussi !
On ne se refait pas.
Vous dites :
"C'est proche, c'est simple. C'est vivant et les gens s'excusent quand ils vous bousculent. Ils sourient aussi, tous complices de ... "
Oui. Charleroi. Tous complices. Et on sait de quoi.
Vous avez l'air de traverser un rêve, Evey ... le pays des rêves. Mais, ce pays - haut en couleurs où vous vous êtes exilée ce week-end - a pour nom Pays noir, et vos rêves - derrière le vernis de l'artificiel - ont des relents de cauchemars.
Vous avez raison, Evey.
Charleroi, c'est bien. A petites doses. Comme le poison.
Je ne vous en veux pas : vous devez être très jeune !
Alors, sans rancune...
Christian Bouzard
Démocrate en colère
Ecrit par : Christian Bouzard | 20.09.2008
Monsieur Christian Bouzard,
Vous serez peut-être pardonné, peut-être, parce que vous devez souffrir beaucoup. Mais, cela ne vous autorise pas quand même à sortir toutes ces horreurs.
J'ai lu vos autres interventions...
Vous êtes vieux (vous avez 'fait' la guerre ... et la guerre vous a défait ... sans doute). Vous souffrez d'un cancer, si j'ai bien compris.
Courage, Monsieur. Tâchez pourtant de ne pas quitter ce monde dans la ranceur, l'amertune.
Vous vous en prenez à Evey qui offre un blog d'une grande tenue. Avec de vrais échanges.
Je croyais que vous aviez compris cela, et que vous aviez décidé d'aller déverser vos tombereaux de haine - Ailleurs.
Malheureusement, vous êtes de retour. Malheureusement... Enfin ! Tâchez un peu de vous contenir.
Vous n'aimez pas les gens mais les gens ... eux.
Vous m'avez compris. Vous êtes quelqu'un d'intelligent, j'en suis certain.
Je connais bien Charleroi. J'ai vécu à Monceau-sur-Sambre. J'ai travaillé quelques années à Monceau-Fontaine. Il y a longtemps déjà.
C'est vrai que la Ville est difficile, mais la vie y est dure. Parfois dangereuse.
Chez les petites gens, Monsieur Bouzard, les moeurs sont simples, saines.
On a le coeur à fleur de peau.
Pudeur oblige ... on se cache parfois derrière une certaine virilité du langage. Les gens alors ont l'air vulgaire.
Monsieur Bouzard,
l'air ne fait pas toujours les 'gens cons' !
Allah vous garde, Mon cher Christian.
Mes prières vous accompagnent.
Ahmida ben Zaraoui
Ecrit par : Ahmida Ben Zaraoui | 20.09.2008
Christian, je commencerais bien par un classique "Vous n'êtes pas mon père", mais j'en ai passé l'âge. Je vous renvoie donc le "quelques temps sans surveillance", en l'agrémentant de "et vous écrivez n'importe quoi sur mon blog". J'imagine le sous-entendu de complicité auquel vous faites allusion, si il s'agit de ce à quoi je pense, je ne crois pas qu'il y ait une seule personne qui vous contredira : abuser des biens publics n'amuse que ceux qui peuvent le faire. Quoique... A Charleroi, on en rira avec amertume, mais on ne jouera pas les sainte-nitouche : il y a effectivement quelque chose de philosophe et de simple à Charleroi. Pour le reste de vos impressions et commentaires, je suis bien désolée de vous savoir malade, parce que je suis un être humain et vous aussi, mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que ça doit participer de votre agressivité. J'arrête donc là.
Ahmida, merci de tenter à nouveau de calmer les "démocrates" ;)
Ecrit par : evey | 21.09.2008
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