30.09.2008

A Léopold

Je n'ai pas lu la Bête humaine. J'avais lu l'Assomoir et L'Oeuvre. Je n'ai que peu de souvenirs : juste des impressions. Surtout du premier en fait. Une profonde détresse : plus tu te démènes, plus tu t'enfonces. Et tout est si glauque. Tout est si injuste, condamné d'avance. Elle se salit, elle tombe. Elle se raccroche peut-être. Je ne sais plus si elle avait de l'espoir. A-t-on de l'espoir dans sa vie ? C'était quoi sa vie ?
J'ai le souvenir d'une femme salie et désespérée. J'ai un souvenir de linge et peut-être d'alcool.

Et ce matin, je vais traverser le Parvis. Et je la verrai : elle aura un vieux pull, elle s'engueulera avec un autre. Elle ne me verra même pas la regarder.

J'ai un souvenir d'une vraie personne. Pas d'un conte de fées.

Commentaires

Le trottoir pour sa fille, puis le luxe et la petite vérole, défiguration, torture, mort.
La folie pour son mari.
Son fils Jacques, assassin, qui se bat à mort sur une locomotive en marche et finit sous les rails.
Son autre fils Claude déclenche une révolte, voit tout s'effondrer et décide de partir.

Une vraie personne. Dommage que Zola attribue ses problèmes à la génétique.

Merci pour cet article Evey.

Ecrit par : Léopold | 01.10.2008

Ouuh, je lisais tes lignes, et je me disais : mais c'est horrible, mais c'est horrible...
Tu vois : j'ai une mémoire de poisson. Ne me restent que les sensations de ma lecture... Comme un tableau.

Et puis : ça y est, je voudrais un cursus complet...: tu dis "Dommage que Zola attribue ses problèmes à la génétique. "
Ah ?
Faut définitivement que j'achète ce livre sur Zola, des éditions Aden.

Ecrit par : evey | 03.10.2008

Le principe zolien pour faire très vite est que comme le père de Gervaise buvait, Gervaise sombrera dans l'alcool. C'est irrémédiable, un peu comme la fatalité dans la tragédie. Il aurait pu dire que l'alcool est un échapatoire à un moment donné dans la misère (Gervaise ne boit que quand elle est au fond du gouffre). Sur son fils Etienne, le héros de Germinal, un simple verre a un effet dévastateur, il se prend après une bière à vouloir tuer Chaval. En même temps, Zola répondait à la théorie du milieu, c'est le milieu qui explique ceci ou cela, pas forcément exhaustif mais assez réaliste dans certains sens.

Ecrit par : Léopold | 03.10.2008

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