02.10.2008

urgence

Je viens de recevoir cette nouvelle, sans avoir pris le temps de répondre aux comms : mais ça me semble grave :

le parquet général de Paris va demander la
révocation du régime de semi-liberté accordé à Jean-Marc Rouillan en
décembre 2007, après la publication de cet entretien à l'Express.

Jean-Marc Rouillan travaille actuellement dans une maison d'édition
marseillaise, après vingt années passées en prison, depuis février 1987. Il
lui est interdit d'évoquer les faits pour lesquels il a été condamné. C'est
au juge d'application des peines (JAP) de Paris, qui a compétence en matière
terroriste, qu'il revient de se prononcer sur la révocation ou non du régime
de semi-liberté.

Commentaires

Salut Evey! Mon blog se termine définitivement mais je voulais te remercier pour tes passages et commentaires.
Ceci dit, je continuerai à sévir sur ton blog et d'autres par ailleurs.
Amitiés. Olivier

Ecrit par : eeeelsoliver | 02.10.2008

Oooh, Olivier : mais noooon... Enfin, je sais : oui, bien sûr tu vas suivre ta route. Mais j'espère te retrouver ici et chez Léopold et Frasby. Retrouver ton ton enjoué. :)

Ecrit par : evey | 02.10.2008

bien sûr que tu vas me retrouver!
Mais bcp moins qu'avant!
Pour les raisons qui sont expliquées sur mon blog!
Pr info, Indiana Jones reprend le flambeau: c'est donc lui qui va tenir le blog!
Non, le cinéma d'Olivier n'est pas mort!
Pr ma part, je n'interviendrai que dans les critiques...

Ecrit par : eeeelsoliver | 02.10.2008

Concernant la nouvelle, c'est assez complexe : l'interview laisse tout de même entrevoir le "zéro regret"...

On apprend d'ailleurs ce soir que le parquet à tranché dans le sens de la remise en prison.

Ecrit par : Chezfab | 02.10.2008

Olivier : Yyyyesss : chouette ;)

Fab : D'abord je ne vois pas en quoi museler quelqu'un après 20 ans de prison est négociable, à la base. Déjà là, ça me choque. Comme il le dit : si il crachait sur son passé, on ne lui interdirait pas de s'exprimer à ce sujet. Ensuite, je dois t'avouer que faire taire un Rouillan en laissant les assassins légaux envoyer des gens dans des guerres de fric, par milliers : ça me ferait ricaner si je ne pleurais pas de cette incohérence.
Après : faut quand même bien reconnaître que taper sur la gauche, c'est systématique : Papon est sorti tranquillement de taule, et les fascistes dont les bras armés clandestins se baladent et s'organisent librement en toute impunité : ça fait frémir de voir ces deux "justices" se côtoyer.
Enfin, et c'est le plus important à mes yeux : on attend toujours de ces gens qu'ils parlent avec le coeur (qu'ils ont) alors que eux veulent parler avec leur raison. Ils s'obstinent dans leur jargon et communiquent mal : ils ne parlent pas de "regrets" mais de "bilans" : et je les crois sincères.
A mes yeux, le rapport de force des AD en France à cette époque-là (et on sait qu'alors, les gens étaient nettement plus politisés qu'aujourd'hui) était trop fort et je ne me reconnais pas dans leurs méthodes, mais : je préfère entendre Rouillan parler de son "bilan" qu'entendre les émotions d'un Berlusconi ou d'un Bush ou d'un Sarkozy.
De ce que j'ai lu d'eux : je ne pense pas que Rouillan soit heureux ou satisfait d'avoir ôté la vie d'un homme. Ca me semble aussi évident que de dire que Orson Welles aimait le cinéma... Mais quand tu as mis ta propre vie dans la balance, je suppose que tu veux surtout t'exprimer sur les raisons qui t'ont poussé à agir : pour continuer à chercher, à avancer.
Résumer à dire qu'il ne manifeste pas de regrets, c'est aussi légitimer les armes que les flics ont dans leurs mains, et ne pas questionner le pouvoir qu'on a autrement que par la lutte armée. Or moi, je crois que si on allait tous dans la rue (comme le disait Siné dans son édito) et qu'on se montrait solidaires et organisés (comme voulait le faire Rouillan en rejoignant le NPA) : on pourrait non seulement remettre en cause cette mode du repentir chez les prisonniers politiques de gauche, mais aussi refuser la violence de l'Etat : ses Taser, ses cagoules, toutes ses armes tournées contre nous comme si nous étions tous des terroristes potentiels (merci Edvige)
Qu'est-ce que tu en penses, de tout ça ?

Ecrit par : evey.hautetfort.com | 03.10.2008

Fab : je me relis et je vois qu'une phrase est pas claire dans ce que j'ai écrit : "Résumer à dire qu'il ne manifeste pas de regrets, c'est aussi (...) ne pas questionner le pouvoir qu'on a autrement que par la lutte armée." => je veux dire que ramener à une question de regrets formulés ou non ce qu'a traversé ce gars-là, c'est ne pas se poser de questions sur ce qu'on peut faire sans armes ni violence. C'est comme passer au bleu des questions de fond sur là où on en est tous (la majorité) et notre silence.
Moi, ça me parle parce que si je m'imagine lui dire "On ne tue pas, point barre.", après je me questionne moi-même sur le pouvoir que j'ai de stopper cette régression sociale.
Et ce que je fais au quotidien de ce pouvoir.
Pouvoir de signer des pétitions, de manifester, d'interrompre un abus de pouvoir dans la rue...
Sincèrement Fab : tu crois vraiment qu'il a bien dormi après avoir enlevé une vie ? Je ne peux pas le croire.
Par contre, je veux bien croire que c'est pas ça qu'il dira en premier si on lui propose de parler. C'est là qu'est le décalage : on attend qu'il nous parle un langage humain, affectif.
On lui demande des comptes.
Mais l'Etat a peur qu'il fasse son analyse critique et que le peuple y entende quelque chose : une vision du monde.
Après, vient la question des méthodes et là : c'est clair : s'engager dans le NPA, c'est pas aller dans les FARC ;)

Ecrit par : evey | 03.10.2008

On s'est mal compris
Bien entendu je partage tout ce que tu dis. Je voulais simplement rappeler que le jugement prévoyait qu'il ne se prononce pas sur l'affaire sauf pour exprimer des regrets.

C'est un jugement imbécile et crétin, mais il est ainsi. Donc Roulland a fait les choses en connaissance de cause. Dernière bravade ? Surement.

Il n'en reste pas moins que AD a été le pourfendeur de l'extrême gauche, ou plutôt de la "vrai gauche" par ses méthodes et qu'ils ont un bilan à faire, celui de leurs erreurs. Et une chose importante à faire : estimer un peu si la vie d'un homme ne vaut pas plus que des idées...

Ecrit par : Chezfab | 03.10.2008

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