03.10.2008
La femme de
Quand ils sont venus, ils ne portaient pas de velours. Ils ont franchi les marches, n'ont pas allumé. Ils étaient chez eux et avaient même la clé. La cible était là, rayures du bagne, colorée. Elle dormait. Elle dormait encore alors que braquée. Pas la cible, pas en elle-même : vous comprenez ? Un dégât, une erreur. Pas une volonté.
Elle est un détour, un moyen, un outil. Une réveillée.
Mais on l'a pas fait exprès.
Un homme au bout de son lit la vise du bout du bras armé : elle dormait, elle ne rêve pas. Un flingue au bout du nez, bien fait pour elle, elle n'avait qu'à pas être la femme de.
Ah je comprends mieux, ils disaient. Même les proches, même les amis. Alors forcément.
Elle n'a pas de cerveau, ou elle l'a cherché, ou en tout cas C'est pas la priorité. On s'en fout, hein. Mais vous êtes très calme !
Quand ils sont venus, ils ne portaient que du noir. Ils ont pointé leurs armes sur une femme seule dans son lit.
Puis ils sont rentrés dans leurs bureaux se félicitant d'être encore en vie, comme s'ils étaient surpris.
Ils pensaient alors avoir tout pris. Mais vous savez, monsieur Creedy, un être humain, c'est plus que la chair au bout de vos canons.
Quand ils sont venus, ils espéraient terrifier, maintenir dans le calme qui pour finir les dérangeait : la femme de n'a pas pleuré, n'a pas crié.
La femme de s'est tenue tranquille face à ceux qui l'ont menacée.
Vous n'aurez ni ses larmes, ni ses pensées.
09:30 Publié dans Les gros dingues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Sauf que vous n'aviez pas besoin de leur 'intempestive irruption' pour être en état de veille. Et d'Eveil.
Eux, ils dorment debout - et leurs rêves éveillés sont nos cauchemars ... au quotidien.
J-C
Ecrit par : Jean-Charles Macquet | 03.10.2008
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