04.10.2008

Pour le doux de Frasby

Il y a un magasin dans le quartier cher, pas loin, qui indique Retouches de vêtements.
Puis la liste des pièces à retoucher. Comme les mots "ouvrage" (la belle ouvrage), ou"matelassé". Et une rue avant, sur le chemin du cidre : du Mac Sweeney's, la devanture en néon Capital kills love.
De tout un peu, mais ce panneau, ce mot : Retouches. Un tableau, de la craie.
On consacrera un peu de temps, on marchera jusque là, pour faire raccomoder. Les temps sont durs, un franc est un franc, vous savez.

On verrait presque les talons de ces dames que le temps a usé : larges, un peu carrés.
Un imper par dessus, un sourire si vous êtes correctement habillée. La politesse, le sens pratique, conserver, entretenir, ne pas jeter.
J'aimais tellement cette chemise que je ne pouvais m'en séparer. Tu l'auras comme souvenir le jour où je m'en irai.

J'aimerais moi aussi tenir tant à quelque chose que je l'userais jusqu'à le devoir faire retoucher.

Vivement alors. Vivement.

Commentaires

Un titre à en rougir et un billet d'écriture fine ... Je retrouve avec un plaisir (non dissimulé ;-) ce domaine où j'aime lire...
Mais là ... c'est très troublant . Merci ... Comment le dire ?
c'est très touchant.
Ce texte doux me rappelle, qu' il y a en dessous de chez moi deux dames qui ont ouvert un atelier de couture récemment, l'ourlet est hors de prix, presque aussi cher que le vêtement... mais l'on y court car les deux dames font les ourlets avec amour... le point y est soigné, ça bavarde aux machines, un chien dort dans un panier (il y a le même en peluche en vitrine= "un doudou"blanc frisé comme un mouton avec un manteau à gros carreaux marrons) l'été, les dames, elles font des robes avec des tissus africains trouvés au marché, et des djellabahs sur mesure (et si on veut se faire tailler une djellabah avec le tissu des rideaux en velours de notre ancien salon, il n'y a pas de problème, tout est possible elles nous le font les dames, elles ont des doigts
agiles... ) Et donc dans mon quartier il y a plein de gens , même des gens un peu pauvres qui vont à l'atelier de couture sauver un vêtement de dix d'âge pour qu'il vive dix ans encore ... Juste parce qu'une seconde peau doit au moins vivre autant que nous... (enfin ,ça c'est la vieille école) ... La boutique est d'ancienne génération mais il faut penser que la mode et les histoires cousues de fil blanc sont éternel recommencement... Alors Evey, dans dix ans il faudrait peut être aller voir ? dix ans seulement et vivement;-) je vous attendrai dans le bistro d'en face, pour admirer votre attachement à la fringue et trinquer aux vieux vêtements redevenus beaux ...
Encore Merci, et mille excuses de n'avoir vu plus tôt, mais mon ordi(-nerfs-) s'est cassé sans prévenir et je n'avais hélas plus accès à ces douceurs. Le retour est une bonne surprise.

Ecrit par : frasby | 24.10.2008

Et si en plus il y a un café en face : alors que demander de plus ?

Je pense à Olivier quand je regarde Le cave se rebiffe, je pense à Léopold quand je vois qu'on va voter en Belgique un arrêté qui fiche à partir de 14 ans les citoyens.
Et "Retouche" : c'est Frasby.

Ecrit par : evey | 24.10.2008

Merci , heureusement , qu'il n'y a pas que "retouche" ;-)
en ce bas monde, car on ne verrait pas plus loin que le bout de nos ourlets, mais il existe peut- être dans le mot "Retouche" de plus vastes domaines, non ? (Quoiqu'il advienne, j'aime bien le monde des couturières)
Merci pour ce beau blog , evey, où les textes sont toujours très ciselés.

Ecrit par : frasby | 30.10.2008

Ecrire un commentaire