07.10.2008

Il pense

Son point de vue est objectif, meilleur, plus mesuré. Parfois même la route la plus courte est un sujet de discussion : il y a pourtant bien une réalité kilométrique, mais quand on est à deux, on est con. Le détail du doigt qui ne s'enroule plus dans la main : on parlait en marchant puis tu m'as cassé les pieds. Il pense qu'il est parfait, sauf deux ou trois défauts d'entretien d'embauche. C'est pratique de pouvoir les réciter : allez balance les donc, tes qualités cachées.
Perte de temps, distance, se froisser. Se punir soi-même par fierté. Et puis, il pense, en silence.
Et là : le manque, pur, simple : être à ses côtés.

Commentaires

Excellent texte. Très efficace.
Comment peut-on dire, sans les dire, tant de choses en si peu de mots...
La "réalité kilométrique", les "défauts d'entretien d'embauche" : belles trouvailles !
Bravo.
DanieD

Ecrit par : DanielD | 08.10.2008

Ton texte me fait penser à une phrase que j'ai écrite: "même ensemble, on reste toujours seul".

Ecrit par : eeeelsoliver | 10.10.2008

Daniel : merci encore. (même si j'avoue qu'en me relisant, je ne sais plus ce que je ressentais. c'est drôle comme parfois, les choses sortent en étant presque extérieures à soi, tellement le moment précis est particulier, "hors-normes")

Olivier : avec ce petit détail qui est dans le moment où on touche cette solitude de si près que ça fait mal, et qu'on se souvient qu'on a été proches parfois.
C'est une solitude toute relative.
Un fil tendu ou pas, selon les fois.

Ecrit par : evey | 10.10.2008

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