09.10.2008

Qu'on ne finit pas

Tu me lis ?

Et je suis le rituel de l'oreiller : le placer plus haut - puis placer les cheveux, mon bras, son bras : Ca va, tu peux. Se poser. Ecouter. Il s'endormira avant moi, mais demain quand il demandera Tu te souviens ? je dirai Ca parle d'un mec...
Et on recommencera.

Commentaires

J'ai relu ce texte plusieurs fois. Et si je le replace dans le contexte que ce texte lui-même suggère, ce qui frappe... c'est la grande tendresse dans les gestes ; mais aussi et surtout, une lucidité un peu effrayante de la pensée (et donc de la parole qui dit cette pensée).
La coexistence d'une si grande tendresse et d'une si foudroyante lucidité suggère un amour accompli (à mâturité) : un amour qui s'assume.
C'est troublant parce que la tendresse est d'autant plus forte qu'elle intervient après l'acceptation totale de l'autre.
Et la critique de l'autre est - quand même - sévère !
La femme se pose, écoute. L'autre parle jusqu'à s'endormir : il se raconte sans doute. Puisque, le lendemain, ce que la jeune femme a retenu de son presque monologue : "c'est l'histoire d'un mec".
Quelle économie de moyens. Le vrai sens du raccourci. Le tact en plus. Bravo !

DanielD

Ecrit par : DanielD | 10.10.2008

Daniel
ceci me rappelle quand je donnais cours de graphisme : je disais aux étudiants "Je veux un poulet curry : pas savoir comment vous l'avez fait". Pour qu'ils comprennent que les "Mais l'ordi a planté" ou les "Mais je voulais dire"... que tout le débat n'intervienne pas : que le travail arrive fini, plein, fait.
Et ici, vous lire : ça me donne envie de donner ma recette du poulet curry... Mais ce que j'aime, c'est précisément que ça parte vers d'autres sens, j'aime les lectures possibles (ou alors je précise pour être comprise)
Ma recette : en fait, je me couche et il me fait la lecture. (A force de dire "tu me lis quelque chose", je dis juste "tu me lis" et il comprend)
Je m'endors en l'écoutant.
Et le lendemain : il me demande si j'ai retenu quelque chose.
En général, je n'ai rien retenu. Alors il reprend au même endroit que la veille, sans se lasser ou renoncer.
;)
De la tendresse aussi, mais d'une autre nature.

Ecrit par : evey | 10.10.2008

Intéressant ! Comme quoi on peut lire à peu près ce qu'on veut... et comprendre comme on peut !
Mais, au niveau de l'écriture, cette façon de dire les choses par ellipses et de manière à la fois concrète et 'multidirectionnelle' ... mérite d'être analysée, peut-être travaillée plus encore ... pour mettre en évidence justement ces 'perceptions' ... plutôt ces réalités différentes.
Voilà un art d'écrire qui ouvre de nouvelles voies. Les quiproquos y interviennent à d'autres niveaux.

Souvent, pour aider les enfants à s'endormir, on leur lit des histoires...

Mais, j'ai de nouveau mal compris !
Hi ! hi ! hi ! hi !

A bientôt.
DanielD

Ecrit par : DanielD | 11.10.2008

Salut Evey! Après des jours d'absence ds la blogosphère, me voici de retour!
Alors je viens te passer un coucou!
Comment vas tu?

Ecrit par : eeeelsoliver | 14.10.2008

Olivier : tes messages me font toujours plaisir. Et savoir que tu es là dans la blogosphère aussi. J'espère ne pas regretter mon absence en ce moment et que quand je pourrai être plus présente, tu n'auras pas disparu ;)
Je vais bien, même si un peu fatiguée : la rentrée a été difficile et je pensais qu'elle prendrait fin maintenant : ben non, le travail continue à s'acharner, alors malheureusement:pas trop de temps pour nourrir cet espace et me nourrir des vôtres.
Bientôt j'espère.

Ecrit par : evey | 15.10.2008

Mais bien sûr que tu vas continuer de me voir!
Même si tu es absente en ce moment, on a tous des priorités qui nous obligent parfois à nous absenter.
Alors j'aurai bcp de plaisir à lire tes coms sur mon blog quand tu pourras venir.

Ecrit par : eeeelsoliver | 15.10.2008

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