31.10.2008
A encerclés
Ils étaient là au début, organisés. Ils étaient là, y sont encore, parfois enfermés. Merci Godin pour le conseil de la Noël, la légitimité de ceux qui soutiennent quelques rebelles; l'intuition sans le savoir, la force sans la violence. Ils étaient là au début, avec d'autres, décriés. Combien de morts par chômage, suicide, ... Pas de droit co, pas de prisonnier politique : juste quelques conseils glanés qui divaguent après, j'ai pris deux pages en main et revu Ragon. La Mémoire des vaincus et son humanité.
11:07 Publié dans Les gros dingues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30.10.2008
Le lit
Elle parle des théories inhumaines qui font dire à certains : ce mal a donné lieu à un bien. Justine sous Chomsky, couchée, en attente. Le lit est bordé d'orange. On l'a mis pour dormir mieux : pas dans le salon ni tout en haut. On va compter, appeler Hugo, faire l'escalier. Les soirs pourraient continuer comme ça : des pages, alterner. Voir la couleur des murs quand la nuit est tombée. Je lis son horreur, ses files d'attente. Quelques mots et parfois, unh mail arrive : les sectaires quui nous rendent fous ne la trouvent "pas assez". J'ai pourtant besoin de ces gens qui sont publiés pour me rappeler que le mal est ici et qu'il est admis. Qu'il est à dénoncer et combattre, qu'il ne peut pas durer. On remonte dans nos arbres à chacune de leurs avancées : bientôt le travail du dimanche. Je revois Daens, j'entends quelques phrases : oui, c'est vrai, au départ francophones, flamands : ils me font chier. Ce ne sont pas nos langues qui nous déterminent - pas toujours - et ce n'est pas à minuit dans la petite chambre que je peux modifier ce monde, l'améliorer.
15:01 Publié dans aucun lien | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.10.2008
no-repeat
Par défaut l'image se répète. Les propriétés, les sélecteurs. Par défaut : elle se répète. Il faut signaler le moins. Il faut signaler l'absence, il faut signaler qu'on ne veut rien.
Les cours commencent, continuent, s'intègrent dans le quotidien. La chambre est une chambre, la porte est fermée. Le chat promène une banane sans la poudre sucrée.
On s'en amuse, il fait le café. La routine, la mécanique, les jours sans lendemain. On pourrait oublier le vide qui nous menace de loin.
On teste la ligne, on descend, on monte on parle un peu. Le chat, joue, on teste, on parle s'engueule s'amuse ne fait rien. Comme si demain allait se répéter à coup sûr jusqu'à toujours.
Par défaut l'image se répète dans les CSS comme dans la vie à deux.
23:00 Publié dans aucun lien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2008
Mourir pour des idées- le match
Le journaliste engagé, les Forges de Clabecq, le Secours Rouge : une discussion sur les lois anti-terroristes et la violence de l'Etat. Je me demande comment nier que les flingues sont toujours dans les mêmes mains. Même à coups de Brassens, cela ne fait pas moins que le rapport de force existe. Les armes des soldats sont dans ces chansons qui passaient dans le salon. J'étais petite et Leforestier parlait de parachutistes. Puis j'ai entendu différentes versions : des excuses ou des demandes de pardon. Toujours les mêmes au balcon, toujours les mêmes au zonzon. Une émission radio sur la terreur d'aujourd'hui : ceux qui devaient nous protéger nous surveillent, ceux qui devront nous libérer seront tous en prison. Jamais mes doigts ne se poseront sur certains outils de travail : flics, soldats, agent, infiltrés, juges, parquet. On choisit sa vocation.
Mais dans leurs journaux du mardi ou d'ailleurs c'est bien moi qu'ils fusilleront, moi ou les miens, c'est pareil : les camarades, les compagnons.
Demain ils attendront chacun une bonne tournure ou une occasion : se faire comprendre ou convaincre. Exposer les faits ou demander le calme quand on trinque. Les arguments et le verbe sur une fréquence sauvée de peu : ils suppriment nos radios, ils gazent les étudiants. La seule violence tolérée est celle des sans-papiers mourants.
J'ai beau aimer Maxime, je comprends Arkana. Je me demande seulement qui des deux sera la pause musicale de cette émission-là.
09:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Alanis's humps
On se demande si mettre une jupe est un signe de domination des hommes ou des femmes. On ne remet pas en question les livres qui ont traversé les siècles : qui a pensé qu'ils devaient monter sur nos étagères ? Même chose de la peinture et de nos idées, même chose de ce qui se passe dans nos rues et dans nos musiques : qui a créé le rap, qui l'a récupéré ? Qui a vu Alanis doucement se révolter.
Il m'arrive souvent d'enfiler des choses, puis de les retirer. Trop fille, trop femme, pas facile de savoir. Quels regards et quelles remarques traîneront sur l'autre trottoir. Mais quand je vois Brautigan, puis je traîne Butor, je me demande quel fan me dira que j'ai tort. L'intolérance qu'on a pour les goûts d'autrui, les enjeux dans les choix comme des choix de vie. Chaque page de l'un, chaque jupe repliée, chaque chanson qui cache nos chaînes, qui les dévoile ou les brise. Tout est contenu dans ces centaines de censures et de voix baillonées. La culture n'est jamais que le fruit de ce que les autres nous ont laissé.
09:00 Publié dans aucun lien | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : femme, aliénation, féministe, jupe
15.10.2008
Chats
Et pendant qu'on attend de savoir si le petit frère de Edvige passera en Belgique, Léopold passe ça.
Et franchement ce soir : je préfère effectivement entendre les chats.
02:48 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
La renommée
J'ai pris de l'air, j'ai pris en main. Et j'ai eu peur de l'encombrement de demain. Il fallait des gens ici, d'autres là. Lui il dort en bas et je terminerai Justine, mais ce soir, j'ai peur que chaque jour amène plus. Prendre les manettes, prendre le train. J'ai pris en main. Ils vont enregistrer, discuter de tout et de rien. Puis on parle du film. Il habite là où Andreas Baader a dormi. C'est effrayant, fascinant. La RAF. L'agence de mannequins révolutionnaires. Andreas Baader : bel homme, vilain cadavre. La seule image qui me reste en tête est celle de ce dernier carnage. Alors ils ont fait un film ? Oui. Et ils précisent que peu importe ce qui a poussé ces gens à prendre les armes : ce qui compte c'est de les avoir pris et c'est impardonnable.
Je regarde l'agent qui traverse la rue. Je vois ce qu'il porte à la hanche. Je me demande ce qu'en pense le réalisateur quand il croise un agent de quartier.
Mais ce discours là ne sera pas à l'affiche du ciné, le réalisateur prend en main sa propre vision du monde et lui aussi - tout comme moi donc je ne peux pas lui reprocher - tente de l'imposer : Andreas possède encore une chose à exterminer.
02:31 Publié dans Sans casier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.10.2008
Qu'on ne finit pas
Tu me lis ?
Et je suis le rituel de l'oreiller : le placer plus haut - puis placer les cheveux, mon bras, son bras : Ca va, tu peux. Se poser. Ecouter. Il s'endormira avant moi, mais demain quand il demandera Tu te souviens ? je dirai Ca parle d'un mec...
Et on recommencera.
09:30 Publié dans aucun lien | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
08.10.2008
Trop de la balle

23:07 Publié dans Sans casier | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.10.2008
Il pense
Son point de vue est objectif, meilleur, plus mesuré. Parfois même la route la plus courte est un sujet de discussion : il y a pourtant bien une réalité kilométrique, mais quand on est à deux, on est con. Le détail du doigt qui ne s'enroule plus dans la main : on parlait en marchant puis tu m'as cassé les pieds. Il pense qu'il est parfait, sauf deux ou trois défauts d'entretien d'embauche. C'est pratique de pouvoir les réciter : allez balance les donc, tes qualités cachées.
Perte de temps, distance, se froisser. Se punir soi-même par fierté. Et puis, il pense, en silence.
Et là : le manque, pur, simple : être à ses côtés.
09:30 Publié dans en mon absence | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note