21.11.2008

Dans moins d'une semaine

Déjà le pot de Nutella, je ne l'avais pas fait : le vider à la cuillère avant les 30 ans, c'était pourtant un objectif réaliste. En plus d'avoir manqué ce rendez-vous avec les incontournables, j'en ai manqué d'autres. Hier, Morin sur France Inter. Et sa vie prend du sens, et l'action et la pensée, et son expérience dans la résistance. Un moment où l'on est entier, un moment où dans le malheur, on se réalise.
La plus belle des fleurs s'épanouit dans l'adversité... Merci Disney.
C'est vrai, cet étrange malheur partagé avec les autres, la force d'être ensemble.
Quand ils sont venus, il y avait des gens pour s'inquiéter.

Dans moins d'une semaine, pas de Nutella. Peut-être un effet Nouvel an avec de nouveaux objectifs. Peut-être un bilan.

14.11.2008

TGV

Les horaires de train pour la France, ici et là, un peu de voyage. Et tout à l'heure la mer, celle d'ici. Gris bas et une autre langue. On parlera de descendance ou pas, il emmènera son travail et moi Mademoiselle Chambon. J'aimerais que ce livre soit bon pour l'offrir à ma mère. Il y a le soleil dans la fenêtre et mon jour de glande, troisième du nom.
Je devrais changer de statut et cherche un emploi.
J'aime ne rien faire et ne pas avoir plein d'argent. Pour combien de temps.
Encore 5 minutes. Encore un peu. On fera l'escalier avant.

10.11.2008

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Olivier, Frasby, Léopold

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;)

05.11.2008

Vêtements

Dans la vitrine un manteau mer. Ni bleu, ni vert. Profond, à motifs. Certainement pas cher. Je résiste à chaque trajet, des manteaux j'en ai. Des bruns, des noirs, des bleus. Même un doré, bien qu'il soit plutôt pour l'été. Et tandis que je gratte le fond de ma poche, que je me dis Rentre chez toi, cherche des clients, travaille ! (je me fais souvent la morale, sans trop de succès), tandis que je gratte le fond de ma poche trouée, parce que tous mes manteaux sont usés, j'avance et dépasse l'homme par terre. Il a un chien et trois canettes de bière. De l'autre côté du trottoir des hommes en blouse bleue voudraient me faire souscrire : MSF, Oxfam, parfois Proximus. Le business bat son plein. Combien sont-ils payés, bic à la main. "Madame", "Mademoiselle" : ils changent mon âge selon mon aspect.
Si j'entre dans la boutique je frôle mon pauvre. Si j'en ressors vêtue de mer, les blouses bleues m'appelleront Madame.Il n'y a ni logique, ni morale. Juste un trajet devant la vitrine qui m'emballe.

03.11.2008

A mi-chemin

On rediscute et il tend une perche : mais je refuse.
On en conclut que je perdrai de l'argent.
Et il s'inquiète. (mon patron est un patron en or).

Et là - bonheur de cette phrase - pouvoir le rassurer en souriant :

C'est normal : je vais travailler moins pour gagner moins.

On passe à autre chose, les chiffres tournent en rond dans ma tête, mais je n'en laisse rien paraître. Je pense au petit pas là, je pense aux escaliers, je pense à tout ce que je n'achèterai pas. Mais les jours passent et j'aime, j'aime, j'aime : cette phrase-là.
Je vais travailler moins pour gagner moins.

 

30.10.2008

Le lit

Elle parle des théories inhumaines qui font dire à certains : ce mal a donné lieu à un bien. Justine sous Chomsky, couchée, en attente. Le lit est bordé d'orange. On l'a mis pour dormir mieux : pas dans le salon ni tout en haut. On va compter, appeler Hugo, faire l'escalier. Les soirs pourraient continuer comme ça : des pages, alterner. Voir la couleur des murs quand la nuit est tombée. Je lis son horreur, ses files d'attente. Quelques mots et parfois, unh mail arrive : les sectaires quui nous rendent fous ne la trouvent "pas assez". J'ai pourtant besoin de ces gens qui sont publiés pour me rappeler que le mal est ici et qu'il est admis. Qu'il est à dénoncer et combattre, qu'il ne peut pas durer. On remonte dans nos arbres à chacune de leurs avancées : bientôt le travail du dimanche.  Je revois Daens, j'entends quelques phrases : oui, c'est vrai, au départ francophones, flamands : ils me font chier. Ce ne sont pas nos langues qui nous déterminent - pas toujours - et ce n'est pas à minuit dans la petite chambre que je peux modifier ce monde, l'améliorer.

29.10.2008

no-repeat

Par défaut l'image se répète. Les propriétés, les sélecteurs. Par défaut : elle se répète. Il faut signaler le moins. Il faut signaler l'absence, il faut signaler qu'on ne veut rien.
Les cours commencent, continuent, s'intègrent dans le quotidien. La chambre est une chambre, la porte est fermée. Le chat promène une banane sans la poudre sucrée.
On s'en amuse, il fait le café. La routine, la mécanique, les jours sans lendemain. On pourrait oublier le vide qui nous menace de loin.

On teste la ligne, on descend, on monte on parle un peu. Le chat, joue, on teste, on parle s'engueule s'amuse ne fait rien. Comme si demain allait se répéter à coup sûr jusqu'à toujours.

Par défaut l'image se répète dans les CSS comme dans la vie à deux.

18.10.2008

Alanis's humps

On se demande si mettre une jupe est un signe de domination des hommes ou des femmes. On ne remet pas en question les livres qui ont traversé les siècles : qui a pensé qu'ils devaient monter sur nos étagères ? Même chose de la peinture et de nos idées, même chose de ce qui se passe dans nos rues et dans nos musiques : qui a créé le rap, qui l'a récupéré ? Qui a vu Alanis doucement se révolter.
Il m'arrive souvent d'enfiler des choses, puis de les retirer. Trop fille, trop femme, pas facile de savoir. Quels regards et quelles remarques traîneront sur l'autre trottoir. Mais quand je vois Brautigan, puis je traîne Butor, je me demande quel fan me dira que j'ai tort. L'intolérance qu'on a pour les goûts d'autrui, les enjeux dans les choix comme des choix de vie. Chaque page de l'un, chaque jupe repliée, chaque chanson qui cache nos chaînes, qui les dévoile ou les brise. Tout est contenu dans ces centaines de censures et de voix baillonées. La culture n'est jamais que le fruit de ce que les autres nous ont laissé.

09.10.2008

Qu'on ne finit pas

Tu me lis ?

Et je suis le rituel de l'oreiller : le placer plus haut - puis placer les cheveux, mon bras, son bras : Ca va, tu peux. Se poser. Ecouter. Il s'endormira avant moi, mais demain quand il demandera Tu te souviens ? je dirai Ca parle d'un mec...
Et on recommencera.

04.10.2008

Pour le doux de Frasby

Il y a un magasin dans le quartier cher, pas loin, qui indique Retouches de vêtements.
Puis la liste des pièces à retoucher. Comme les mots "ouvrage" (la belle ouvrage), ou"matelassé". Et une rue avant, sur le chemin du cidre : du Mac Sweeney's, la devanture en néon Capital kills love.
De tout un peu, mais ce panneau, ce mot : Retouches. Un tableau, de la craie.
On consacrera un peu de temps, on marchera jusque là, pour faire raccomoder. Les temps sont durs, un franc est un franc, vous savez.

On verrait presque les talons de ces dames que le temps a usé : larges, un peu carrés.
Un imper par dessus, un sourire si vous êtes correctement habillée. La politesse, le sens pratique, conserver, entretenir, ne pas jeter.
J'aimais tellement cette chemise que je ne pouvais m'en séparer. Tu l'auras comme souvenir le jour où je m'en irai.

J'aimerais moi aussi tenir tant à quelque chose que je l'userais jusqu'à le devoir faire retoucher.

Vivement alors. Vivement.

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