07.10.2008
Il pense
Son point de vue est objectif, meilleur, plus mesuré. Parfois même la route la plus courte est un sujet de discussion : il y a pourtant bien une réalité kilométrique, mais quand on est à deux, on est con. Le détail du doigt qui ne s'enroule plus dans la main : on parlait en marchant puis tu m'as cassé les pieds. Il pense qu'il est parfait, sauf deux ou trois défauts d'entretien d'embauche. C'est pratique de pouvoir les réciter : allez balance les donc, tes qualités cachées.
Perte de temps, distance, se froisser. Se punir soi-même par fierté. Et puis, il pense, en silence.
Et là : le manque, pur, simple : être à ses côtés.
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06.10.2008
Lien
Parce que partout et de tout temps, ce simple mot reviendra : comme pour ceux qui ont lu Algernon ou Agota : un club pas fermé de ceux qui sont adeptes, grandissant. Un socle, un foyer.
Parce que quand ils sont là, et que j'aimerais mon chat, je me reprends par le col : c'est quelque chose d'autre : ni plus qu'un amour, ni moins qu'un ami. C'est une force bienveillante, c'est un regard au-delà des képis.
Serrer bien le col : se reprendre. Prendre la mesure de leur constance.
L'humanité éclatante des personnes vivantes, sur ma route par chance.
Engagés.
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05.10.2008
Les tags
Et un autre tag orangé dans mon quartier, sur les bandes blanches :
Les riches sont les meilleurs !
Avoir huit ans en dedans, et aimer :)
12:00 Publié dans en mon absence | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Sur la montagne, sous
De ces quelques jours où, pas sociable, je serai entourée et bien, il faudra tenter le soir pour me calmer de retrouver la formulation exacte :
Mon idéal en fait de style aurait possédé la beauté sérieuse du bois verni de la demeure d'un Samouraï par une journée d'hiver.
Et l'aube se lèvera toujours après la nuit.
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25.08.2008
Journaux
Que se passe-t-il pendant que j'entends les flots ? Quelles sont les nouvelles ? Le gouvernement, les arrestations, les agressions, les hits, les JO : que se passe-t-il quand on tourne le dos ? Quelles sont les choses marquantes ? Et autant de réponses que de lecteurs du Soir, et autant de réponses que de lecteurs tout court.
10:10 Publié dans en mon absence | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : information, actualité, le monde, la belgique
24.08.2008
Autre jour d'absence
J'anticipe quelques jours à l'avance le désarroi de ceux qui auraient voulu une épaule, un coup de main, ou simplement un lien. Le manque à sens unique ? Quand l'animal est privé de sa faune. Il postule pour la France, pour l'Europe : il est sociable. J'anticipe cette absence d'envie. Parce que le jour où le cauchemard commence, qui des gens que l'on croise et que l'on aime tous les jours peut donner un nom, un numéro de téléphone ? Qui connaît celui qu'il fréquente ? J'anticipe quelques jours à l'avance le vide créé par le vide. Et le regret. Et le souhait : que chaque jour soit meilleur. Etre partie de cette faune, pour de vrai : pour de vrai à mes yeux. Savoir ce que chaque personne que j'aime mal parce que pas assez vit en mon absence. Et en attendant : poser une machine à café dans le bureau et sourire : elle crierait de savoir ce système polluant chez moi. Et en attendant : poser une machine à café dans le bureau et sourire amer : nous avons de doux problèmes, mes amis écolos et moi-même.
10:13 Publié dans en mon absence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rentrée, départ, société
23.08.2008
Au service
Pour formuler poliment vos désaccords commerciaux, pour aligner discrètement vos chiffres dans les cahiers comptables, pour répondre aimablement qu'il est en réunion, pour photocopier, trier, publier, mettre en page. Penser vos projets. Concevoir vos écrits. Vos mises en pages. Vos outils de propagande. Puisqu'il n'y a pas de position juste. Dans une offre d'emploi, chercher en se disant que l'on mobilisera nos talents pour la mission la moins pourrie, l'objet social le moins néfaste. Comme quand on vote.
10:10 Publié dans en mon absence | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : travail, emploi, éthique
22.08.2008
Je vis dans ce monde, en bas de chez moi
Ceux qui parlent depuis leur étage, leurs belles fenêtres et leurs beaux chassis. Ceux qui regardent passer leur quartier de zone à éviter le soir à zone sécurisée. Je traverse le quartier depuis des années. Les moments sans les sonneries hurlantes me rendent amoureuse des allées et des coin de rues : le moindre phone shop devient un bijou, une perle du collier. Et pourtant, quand les ambulances, quand les cris, quand les flics et les agents proximus, quand les clodos qui insultent, quand les racistes qui insultent, quand les filles sifflées : je hais cette portion d'humanité. J'aimerais ces scènes du cinéma quand les arbres fleuris ou gelés sont toujours accompagnés d'avenues chantantes. Mais pas dans ce monde, pas encore, plus jamais, pas ici : pas pour nous. Alors ceux qui regardent depuis leur balcon, depuis leur gauche, leur extrême gauche parfois, parlent de démarche citoyenne dans leurs tracts, je me demande qui est responsable : descendre ! descendre de son bel étage. Descendre de ses opinions, les mettre dans cette rue. Créer cette pression sociale. Que les sirènes ou les chaises qui volent aux terrasses des cafés ne coexistent pas en toute impunité. Qu'on dessine, redessine, chaque jour, avec ce en quoi on croit mais après s'être demandé : qu'est-ce qui rendra la vie meilleure au plus grand nombre ?
Et puis, évidemment, se dire : "et que ferais-je si je ne suis pas du plus grand nombre"...
10:10 Publié dans en mon absence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : violence, tracts, café
21.08.2008
Peau
Des cercles sous forme de pli. Brune ou pâle selon les saisons : mon âge dessine sur elle les sillons.
10:10 Publié dans en mon absence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fille, âge, vieillir, projets
20.08.2008
Dans toute l'Europe, les Basques
C'est plus facile si ils sont éloignés. Ils ne se verront pas, et leurs familles, leurs amis. Tous : ils auront déjà tant à donner pour le trajet qu'une fois de retour chez eux : la fatigue sera plus forte. On les tue à petit feu. On les musèle, on les torture, on les isole. Il n'y a rien de pire que cela : le silence pour ceux qui veulent crier, l'isolement pour ceux qui veulent une communauté.
Comme un enfant : dire que puisque ils ne tolèrent pas un pas de travers, alors on courra en diagonale jusqu'à l'extrême. Voilà ce qu'ils provoquent, voilà ce qu'ils répriment. Nos ras-le-bol. Nos refus, nos idées.
Il y a plus que de la chair. Il y a des idées.
Et les idées, monsieur Creedy...
Le laboratoire de la répression exige des extraditions basées sur des témoignages obtenus lors de séances de torture. Voilà leur justice. Et quand on voit les photos de leurs dégâts sur les visages humains, ils nous reprochent de vouloir panser les blessures.
Le soutien aux familles éclatées par le système juridiciaire européen devient un crime. Et c'est une honte, et c'est le déni des morts dans les rues pour nos droits. Et tant qu'on a de la gratitude d'être né aujourd'hui plutôt qu'il y a ne serait-ce que 100 ans, c'est que le travail valait la peine d'être fait. Et le jour où nous vivrons comme il y a 100 ans, c'est que nous n'aurons pas bien travaillé.
Pendant ce temps, les familles des familles des militants basques sont en prison. Et leurs avocats aussi.
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