02.10.2008
Mon imposture
On se pousse ou on se respecte. Comme des chiens autour de la viande, ayant appris à prendre patience. On regarde cintre après cintre. On n'a pas les mêmes goûts, on n'a pas peur, pas trop. Mais arrivée à la caisse : cette table posée là sans rien d'autre qu'une calculatrice, elle demande un rabais. Et la dame derrière la table s'impatiente, explique : c'est déjà pas cher.
L'autre sort.
La vendeuse me regarde et me dit que c'est toujours pareil. "Il faut toujours marchander, mais je décide pas des prix, moi."
Et je m'en veux qu'elle me regarde d'une air complice, comme si j'étais son alliée, parce que de nous trois, ce sont elles deux qui ont du mal à joindre les deux bouts arrivées au 30, et pas moi.
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01.10.2008
La part manquante
Il dit qu'ne temps de croissance on a injecté de l'argent dans le CAC 40, pas dans les gens. Et je ne sais pas ce qu'est le CAC 40 exactement et pourtant ça m'énerve. Je lis Siné, je ris en voyant la couverture : Sarko fiché par Edvige, j'aime.
Et là, de nouveau : les banques renflouées par l'Etat.
Et hier soir, Charlie : comment l'Afghanistan. Comment les armes.
Il passe et il me dit : ce qu'ils ne disent pas, c'est qu'à ce moment là, il y avait une tendance soviétique, et qu'elle a duré encore après cette guerre.
Ah non, personne ne le dit. Personne ne dit, ne lit, ne sait. Personne autour de moi jusque là. Personne d'autre que ceux qui au mieux refusent une étiquette : Moi, j'ai pas d'étiquette. Et on retire l'échelle.
Et mercredi, le journal paraîtra. Et je ne lirai que des bouts de vérité qu'on ne m'expliquera qu'en partie. Et je louerai un film, en prenant cette fois une comédie, où je sais qu'on ne me mentira pas.
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30.09.2008
A Léopold
Je n'ai pas lu la Bête humaine. J'avais lu l'Assomoir et L'Oeuvre. Je n'ai que peu de souvenirs : juste des impressions. Surtout du premier en fait. Une profonde détresse : plus tu te démènes, plus tu t'enfonces. Et tout est si glauque. Tout est si injuste, condamné d'avance. Elle se salit, elle tombe. Elle se raccroche peut-être. Je ne sais plus si elle avait de l'espoir. A-t-on de l'espoir dans sa vie ? C'était quoi sa vie ?
J'ai le souvenir d'une femme salie et désespérée. J'ai un souvenir de linge et peut-être d'alcool.
Et ce matin, je vais traverser le Parvis. Et je la verrai : elle aura un vieux pull, elle s'engueulera avec un autre. Elle ne me verra même pas la regarder.
J'ai un souvenir d'une vraie personne. Pas d'un conte de fées.
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