13.11.2008

Les taxes sur canapé

Il dit que son père lui a toujours dit : on n'est sûr que de deux choses dans la vie : on va mourir, et on paiera toujours des taxes. C'est triste. C'est vrai et c'est triste. Sur la cheminée un miroir Che. Elle dit que se battrait bien parce que depuis toute petite, elle sent que quelque chose déconne. Tu m'étonnes.
Mais quelle manif, quelle action, quel moment la verra dans la rue, je ne sais pas.

On est entre prolos : des télés dans nos salons, le Wifi qui court dans la maison. Les enfants dorment en haut.
Il m'explique la TVA, et un peu de ses PV. Elle me parle d'une amende de 800 euros. Ce que me coûterait un comptable si je pouvais.
Je lui dis : regarde les entretiens de Ramonet avec Castro. Elle me passe "un film coco" : en fait mai 68, des jeunes, un film primé à Venise.

On parle : on se promet nos engagements mais on ne laisse pas de place à l'espoir : rien ne changera ce soir.

Au bout de cette soirée il me ramène : le gros break sent la voiture neuve, j'ai l'estomac qui tourne.
Le vrai moment entre nous n'est pas ce territoire politique vaguement partagé : mais de les voir fonctionner ensemble sur une base honorable, les voir commencer leur parcours ensemble au bord de cette table.
Elle a refait sa vie on ne refera pas le monde. Il y avait des chips au paprika et du café, des histoires de double file et de prunes impayées. Il caressait gentiment son genou pendant qu'elle parlait.

10.11.2008

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Olivier, Frasby, Léopold

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;)

05.11.2008

Vêtements

Dans la vitrine un manteau mer. Ni bleu, ni vert. Profond, à motifs. Certainement pas cher. Je résiste à chaque trajet, des manteaux j'en ai. Des bruns, des noirs, des bleus. Même un doré, bien qu'il soit plutôt pour l'été. Et tandis que je gratte le fond de ma poche, que je me dis Rentre chez toi, cherche des clients, travaille ! (je me fais souvent la morale, sans trop de succès), tandis que je gratte le fond de ma poche trouée, parce que tous mes manteaux sont usés, j'avance et dépasse l'homme par terre. Il a un chien et trois canettes de bière. De l'autre côté du trottoir des hommes en blouse bleue voudraient me faire souscrire : MSF, Oxfam, parfois Proximus. Le business bat son plein. Combien sont-ils payés, bic à la main. "Madame", "Mademoiselle" : ils changent mon âge selon mon aspect.
Si j'entre dans la boutique je frôle mon pauvre. Si j'en ressors vêtue de mer, les blouses bleues m'appelleront Madame.Il n'y a ni logique, ni morale. Juste un trajet devant la vitrine qui m'emballe.