30.10.2008

Le lit

Elle parle des théories inhumaines qui font dire à certains : ce mal a donné lieu à un bien. Justine sous Chomsky, couchée, en attente. Le lit est bordé d'orange. On l'a mis pour dormir mieux : pas dans le salon ni tout en haut. On va compter, appeler Hugo, faire l'escalier. Les soirs pourraient continuer comme ça : des pages, alterner. Voir la couleur des murs quand la nuit est tombée. Je lis son horreur, ses files d'attente. Quelques mots et parfois, unh mail arrive : les sectaires quui nous rendent fous ne la trouvent "pas assez". J'ai pourtant besoin de ces gens qui sont publiés pour me rappeler que le mal est ici et qu'il est admis. Qu'il est à dénoncer et combattre, qu'il ne peut pas durer. On remonte dans nos arbres à chacune de leurs avancées : bientôt le travail du dimanche.  Je revois Daens, j'entends quelques phrases : oui, c'est vrai, au départ francophones, flamands : ils me font chier. Ce ne sont pas nos langues qui nous déterminent - pas toujours - et ce n'est pas à minuit dans la petite chambre que je peux modifier ce monde, l'améliorer.

29.10.2008

no-repeat

Par défaut l'image se répète. Les propriétés, les sélecteurs. Par défaut : elle se répète. Il faut signaler le moins. Il faut signaler l'absence, il faut signaler qu'on ne veut rien.
Les cours commencent, continuent, s'intègrent dans le quotidien. La chambre est une chambre, la porte est fermée. Le chat promène une banane sans la poudre sucrée.
On s'en amuse, il fait le café. La routine, la mécanique, les jours sans lendemain. On pourrait oublier le vide qui nous menace de loin.

On teste la ligne, on descend, on monte on parle un peu. Le chat, joue, on teste, on parle s'engueule s'amuse ne fait rien. Comme si demain allait se répéter à coup sûr jusqu'à toujours.

Par défaut l'image se répète dans les CSS comme dans la vie à deux.

18.10.2008

Mourir pour des idées- le match

Le journaliste engagé, les Forges de Clabecq, le Secours Rouge : une discussion sur les lois anti-terroristes et la violence de l'Etat. Je me demande comment nier que les flingues sont toujours dans les mêmes mains. Même à coups de Brassens, cela ne fait pas moins que le rapport de force existe. Les armes des soldats sont dans ces chansons qui passaient dans le salon. J'étais petite et Leforestier parlait de parachutistes. Puis j'ai entendu différentes versions : des excuses ou des demandes de pardon. Toujours les mêmes au balcon, toujours les mêmes au zonzon. Une émission radio sur la terreur d'aujourd'hui : ceux qui devaient nous protéger nous surveillent, ceux qui devront nous libérer seront tous en prison. Jamais mes doigts ne se poseront sur certains outils de travail : flics, soldats, agent, infiltrés, juges, parquet. On choisit sa vocation.
Mais dans leurs journaux du mardi ou d'ailleurs c'est bien moi qu'ils fusilleront, moi ou les miens, c'est pareil : les camarades, les compagnons.
Demain ils attendront chacun une bonne tournure ou une occasion : se faire comprendre ou convaincre. Exposer les faits ou demander le calme quand on trinque. Les arguments et le verbe sur une fréquence sauvée de peu : ils suppriment nos radios, ils gazent les étudiants. La seule violence tolérée est celle des sans-papiers mourants.
J'ai beau aimer Maxime, je comprends Arkana. Je me demande seulement qui des deux sera la pause musicale de cette émission-là.