03.10.2008
Justine
Je lis un livre dont j'oublie systématiquement le nom de l'auteur. Je ne suis ni avancée dans ma lecture, ni remise de Selma. Mais le livre orange posé dans le salon encore inachevé est beau, et c'est un plaisir d'avoir ce temps où il se penche sur moi, avant de dormir.
On a depuis quelques jours un ami sous notre toît. Peu d'heures avant que les limites n'aient été franchies : mais les amis, vous savez, on leur passe tout. Parce que l'amour, parce que sans lui, parce que hier, nos dix ans en arrière. Pouvoir dire à quelqu'un qu'on l'aime, puis T'es un gros con. Ou dans l'autre sens : tout est bon.
Alors donc il dort chez nous et cherche un logement. Il est blanc, il gagne sa vie : il trouvera vite un appartement. On discute maison, visites, rendez-vous : il a envie comme moi de son chez soi, de son livre orange dans son salon, de son chat qui laisse ses poils, qui fait ronron.
L'accueil, l'intimité, des yeux verts un peu crétins : un chat c'est presque le fruit des amours d'un crocodile et d'un chien.
Mon homme sort, mon ami arrive.
Tous deux frappent à la porte avant de rentrer : cette étrange douleur de se sentir chez soi : respectée.
Demain Willem expose, j'ai horreur des vernissages. Mon chéri adore Willem. Mon ami va chez sa chérie.
Demain, le salon, les oiseaux rouges, le chat. Et Justine, qui m'attend en bas.
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02.10.2008
urgence
Je viens de recevoir cette nouvelle, sans avoir pris le temps de répondre aux comms : mais ça me semble grave :
le parquet général de Paris va demander la
révocation du régime de semi-liberté accordé à Jean-Marc Rouillan en
décembre 2007, après la publication de cet entretien à l'Express.
Jean-Marc Rouillan travaille actuellement dans une maison d'édition
marseillaise, après vingt années passées en prison, depuis février 1987. Il
lui est interdit d'évoquer les faits pour lesquels il a été condamné. C'est
au juge d'application des peines (JAP) de Paris, qui a compétence en matière
terroriste, qu'il revient de se prononcer sur la révocation ou non du régime
de semi-liberté.
10:54 Publié dans aucun lien | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Bracelet
Je lui explique qu'il parle de mariage : il aime contre toute attente ce rituel guindé, cette étape formelle. Je lui dis que j'ai immédiatement pensé robe, bague et genou à terre. On est au resto et un autre raconte ses congés. Il avait 20 heures, il n'en a plus que 7. Il raconte qu'à la mer, il a nagé, et qu'un homme a vu son bracelet. Il a fait le signe du doigt qui coupe la gorge. On rit : non, il n'a pas fait ça. Toutes nos contradictions autour du repas. Un bracelet, une bague une robe. Et des vrais gens qui s'éparpillent dans ce qu'ils sont, ressort donc ce qui peut des rencontres.
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