15.10.2008

La renommée

J'ai pris de l'air, j'ai pris en main. Et j'ai eu peur de l'encombrement de demain. Il fallait des gens ici, d'autres là. Lui il dort en bas et je terminerai Justine, mais ce soir, j'ai peur que chaque jour amène plus. Prendre les manettes, prendre le train. J'ai pris en main. Ils vont enregistrer, discuter de tout et de rien. Puis on parle du film. Il habite là où Andreas Baader a dormi. C'est effrayant, fascinant. La RAF. L'agence de mannequins révolutionnaires. Andreas Baader : bel homme, vilain cadavre. La seule image qui me reste en tête est celle de ce dernier carnage. Alors ils ont fait  un film ? Oui. Et ils précisent que peu importe ce qui a poussé ces gens à prendre les armes : ce qui compte c'est de les avoir pris et c'est impardonnable.

Je regarde l'agent qui traverse la rue. Je vois ce qu'il porte à la hanche. Je me demande ce qu'en pense le réalisateur quand il croise un agent de quartier.
Mais ce discours là ne sera pas à l'affiche du ciné, le réalisateur prend en main sa propre vision du monde et lui aussi - tout comme moi donc je ne peux pas lui reprocher -  tente de l'imposer : Andreas possède encore une chose à exterminer.

08.10.2008

Trop de la balle

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20.09.2008

Cow-boys

Je crois que je ne suis jamais tant émue par les gens que quand je suis émue par les Carolos. Cet après-midi, fin de journée, bientôt le train de retour. Et j'emprunte le passage piétonnier : une fête à thème, tous les commerçants en cow-boys.

Je vois les enfants s'amuser sur un gros nounours qui fait rodéo, des chevaux et des attelages sont mis çà et là, et les terrasses sont pleines : barbecue, stetson et bandanas : notre vision du far-west le temps d'un événement en ville. Rien d'extraordinaire, mais la bonhomie carolo est si tendre que ce simple jeu prend, et tout le monde s'y met. Les gens de là-bas, ils sont pas friqués. Ils ont un peu des goûts de chiotte aussi. Ca donne en gros les mêmes femmes vulgaires mais dans des vêtements aux matières moins nobles qu'à l'avenue Louise (jumelée depuis cette semaine avec un quartier riche de Paris)

J'entendais sur France Inter, hier, une émission sur les Français (pas n'importe lesquels) qui s'installent en Belgique. Ils parlaient du Cercle Lorraine, ou du Club Lorraine (zut, j'ai oublié). Et aujourd'hui dans le journal qui prend le train avec moi pour aller à Charleroi : Picqué avec Bernadette Chirac.

Mais donc, je quitte le bureau et traverse les rues de ma ville natale, que j'aime comme on aime les défauts de ses proches. Je souris tout du long, chevaux, stands, jeux, enfants : c'est proche, c'est simple. C'est vivant et les gens s'excusent quand ils vous bousculent. Ils sourient aussi, tous complices de jouer aux cow-boys, tous heureux de ce peu de vie et de confort aujourd'hui, au Pays noir. On ne joue pas les indiens, on ne joue pas les minorités. On ne joue pas ce qu'on est.

18.09.2008

On y a dansé

Très mignon.

15.09.2008

Ils ont mis sur les murs

Avec un style qui ne ressemble à rien d'avant :
une affiche gigantesque qui montre un flacon, et le texte : Love is a medecine for your soul.
Ca ne pisse pas loin ?
C'est une manière d'occuper le paysage, avec de nouveaux codes graphiques. Et avec des moyens.
Ca change.
Et ça fait du bien.

06.08.2008

Claude le glauque

Il a sa petite affaire : elle tourne. Tant bien que mal, mais elle tourne. Il a sa petite affaire : ce sont des infos, des articles de fond. Il est payé par l'Etat. Pas en dessous de table, ni en putes ni en alcool (?), il n'est pas salarié. Mais il remplit les formulaires et il est subsidié. Il mange dans la main de cet Etat de droit, il le griffe un peu des fois. Mais l'"ennemi" des pouvoirs subsidiants, il l'attaque directement. Avec quel argument ? Il dit "On ne donne pas de tribune" il prend son journal pour le dire. Il dit "C'est une honte" il ne dit pas la réalité. Il dit "Ces gens refusent de me répondre" il ne connaît pas le déroulement de la conversation. Et ça ne l'intéresse pas de poser la question.
Non, Claude, il ne t'a pas répondu : tout simplement parce que c'étaient les modérateurs du Tchat qui choisissaient les interventions. Alors désolé, Claude, la tienne : on ne lui a pas montrée (elle devait pourtant être si intéressante).

Monsieur le chef du journal voulait cracher sur un homme cette semaine. Il a prétendu qu'au nom de la démocratie on ne devait pas laisser parler des gens qui expliquent un courant de pensée qui a des siècles de réflexion et d'analyse derrière lui.
Monsieur le chef du journal voulait cracher sur un homme cette semaine. Il a dit qu'au nom de la justice, on devait nier les libérations décidées par leurs représentants.
Il voulait cracher alors il a craché.
On m'a dit aujourd'hui : La liberté de la presse, c'est bien pour ceux qui la possèdent.

Claude le sait, il a sa petite affaire à lui. Elle tourne. Mais on ne sait pas pour qui.

02.08.2008

Des rondes

On tourne dans les quartiers jusqu'à trouver un peu d'air à renvoyer. L'air le plus frais sur la terrasse. Se lasse, se prélasse. Le temps revenu de voir ce que les autres ont vaincu : il y a des hommes, des femmes, des gens qui vivent comme avant. Il y a des dégâts qu'on n'aurait pas imaginés. Il manque une voix, une personne dans toute cette foule, le visage du tiers qui entendra les pierres qui roulent. On marchera dans les rues jusqu'à ce que les murs soient occupés, que chaque morceau de maison soit couverte de notre humanité. Le droit d'afficher dans un règlement communal, l'utilisation de ce droit comme celui du silence. Que les rues grondent de nos injustices, qu'on se regarde comme étant tous semblables, combattant pour notre confort ou celui de ceux que l'on frôle chaque jour.

29.07.2008

Aux petites choses dans les prises

Envie de rentrer chez soi en disant : salut les crétins !

Ca mange pas de pain. 

Parachutis-teuh

On parle dans Marianne des rébellions. Le hors-série L'Histoire nous présente une clique anti-stalinienne qu'on peut approuver à la rigueur, jusqu'au moment où d'une part on constate que rien de positif ne serait ressorti de cette période (déjà là, le contre sans le pour pose toujours question, ne serait-ce que par principe), et ensuite, quand on parle de résistance juive pendant la seconde guerre : magnifique : et les cocos ? Ils glandaient quoi les cocos ? Mais quel était donc le titre de la propagande américaine qu'avait été réalisée par Capra à l'honneur des ces magnifiques héros qui constituaient l'Armée rouge ? Après, qu'on ne se méprenne pas sur mon point de vue : Makhno, puis les années et le doux capitalisme qui s'insinue dans les états soviétiques sans s'avouer... Et puis simplement : que les armes soient fournies ou détenues en majorité par les Etats me font penser que parfois comme le dit l'Edito : ce sont certes les Non qui ont fait évoluer le monde (et parfois régresser aussi), et donc les armes dans les mains des opposants semblaient bien mises dans les mains des résistants antifascistes quel qu'ils soient... Mais au bout du compte : il me reste en tête un refrain de Maxime... Le mot "antimilitariste"...

28.07.2008

Cette peste d'Edvige

Bon ben voilà, hein. Ca s'approche, ça devient tout doucement la dictature : on fiche, on met plein de noms dans les casiers. Tous ces jobs créés par l'Etat, ça pourrait laisser rêveur, sauf que bien sûr, c'est pas en créant de la conscience ni du progrès, c'est juste en poussant toute opposition à la case Taule qu'on nous jette à la figure ces décrets "tout beaux tout chauds".
Ben, non. NON. On n'est pas encore aveugles, sourds ou amnésiques. On n'a pas envie de remonter dans nos arbres et de refaire le chemin qu'on a mis des siècles à parcourir. Non, on n'est pas d'accord.
Merde à Edvige.

Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

- exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,

- sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,

- s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.

 

 

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