16.09.2008

Depuis le balcon

Nous sommes trois : mon chien, ma femme et moi. Nous avons méticuleusement pesé le pour et le contre de chacune de vos interventions, avons surligné les passages de vos tracts, avons même copié-collé certaines références documentaires pour étayer nos arguments.

Nous avons fait exactement tout ce que nous vous reprochons : raté un public, travesti nos propos, visé plus bas que la dignité impose, et crié bien fort ce que nous étions incapables de réaliser effectivement.

Mais les mots, chers amis, sont des traces.
Quand nous rejoignons vos rangs indignes de notre présence, nous parcourons à vélo le paysage triste de vos manifestations. Nos prenons quelques photos après avoir déployé notre calicot, et remballons la pochette sur le porte-bagages : notre condition de militant administratif s'épanouit réellement dans les couloirs sombres où nous nous aventurons.

Nous sommes trois, quatre quand ça va bien, mais nous avons raison. Et comme disait le poète : c'est celui qui dit qui est.

Alors, bien que dans des moments d'égarement nous nous noyons dans notre amertume, nous jouerons la carte de la diplomatie pour tenter de répandre à votre sujet des rumeurs, jusqu'à l'épuisement de l'encre dans nos stylos.
Prenez garde à nos cris dans le vide : ils pourraient un jour être entendus par plus sectaire que nous, voire plus frileux.

 

Voilà ce que certains donneurs de leçon font pendant que dehors, les gens arrivent à oublier leurs divergences le temps de protester contre l'ennemi commun.

Je n'aime pas la politique, j'aime encore moins les timorés qui croient en faire partie mieux que les autres, et préfèrent la chaleur de leur mépris aux risques d'un vrai travail de front.