15.09.2008

Animal social

On traîne, et je vois sans y participer le lien se créer. Aimer un endroit pour ce qu'il offre à celui qui vient lire son journal : un "Bonjour Christophe", un "Comme d'habitude".
Les gens se penchent sur la table, et échangent leurs briquets, leurs idées, les tournées.
Tissage social. Les belles filles partout. Je lui dis : Regarde comme elle est belle.

Il regarde et acquièsce.

Parfois les salles de bar sont remplies mais personne ne crie. Je ne sais même pas si la musique fonctionne. Je ne sais même pas quel type de musique. Toutes les tables sont occupées à réunir des moments : après le travail, avant la sortie, retrouvailles, ...

Il ressort de ces instants-là l'ambiance qu'on voudrait dans la rue, dans le métro. Personne ne veux de problème, personne ne veut d'agressivité ou de conflit.
L'animal social dans ce qu'il a de plus beau, vers 18h, dans les meilleurs bistrots.

22.08.2008

Je vis dans ce monde, en bas de chez moi

Ceux qui parlent depuis leur étage, leurs belles fenêtres et leurs beaux chassis. Ceux qui regardent passer leur quartier de zone à éviter le soir à zone sécurisée. Je traverse le quartier depuis des années. Les moments sans les sonneries hurlantes me rendent amoureuse des allées et des coin de rues : le moindre phone shop devient un bijou, une perle du collier. Et pourtant, quand les ambulances, quand les cris, quand les flics et les agents proximus, quand les clodos qui insultent, quand les racistes qui insultent, quand les filles sifflées : je hais cette portion d'humanité. J'aimerais ces scènes du cinéma quand les arbres fleuris ou gelés sont toujours accompagnés d'avenues chantantes. Mais pas dans ce monde, pas encore, plus jamais, pas ici : pas pour nous. Alors ceux qui regardent depuis leur balcon, depuis leur gauche, leur extrême gauche parfois, parlent de démarche citoyenne dans leurs tracts, je me demande qui est responsable : descendre ! descendre de son bel étage. Descendre de ses opinions, les mettre dans cette rue. Créer cette pression sociale. Que les sirènes ou les chaises qui volent aux terrasses des cafés ne coexistent pas en toute impunité. Qu'on dessine, redessine, chaque jour, avec ce en quoi on croit mais après s'être demandé : qu'est-ce qui rendra la vie meilleure au plus grand nombre ?
Et puis, évidemment, se dire : "et que ferais-je si je ne suis pas du plus grand nombre"...