20.08.2008

Dans toute l'Europe, les Basques

C'est plus facile si ils sont éloignés. Ils ne se verront pas, et leurs familles, leurs amis. Tous : ils auront déjà tant à donner pour le trajet qu'une fois de retour chez eux : la fatigue sera plus forte. On les tue à petit feu. On les musèle, on les torture, on les isole. Il n'y a rien de pire que cela : le silence pour ceux qui veulent crier, l'isolement pour ceux qui veulent une communauté.
Comme un enfant : dire que puisque ils ne tolèrent pas un pas de travers, alors on courra en diagonale jusqu'à l'extrême. Voilà ce qu'ils provoquent, voilà ce qu'ils répriment. Nos ras-le-bol. Nos refus, nos idées.
Il y a plus que de la chair. Il y a des idées.
Et les idées, monsieur Creedy...
Le laboratoire de la répression exige des extraditions basées sur des témoignages obtenus lors de séances de torture. Voilà leur justice. Et quand on voit les photos de leurs dégâts sur les visages humains, ils nous reprochent de vouloir panser les blessures.
Le soutien aux familles éclatées par le système juridiciaire européen devient un crime. Et c'est une honte, et c'est le déni des morts dans les rues pour nos droits. Et tant qu'on a de la gratitude d'être né aujourd'hui plutôt qu'il y a ne serait-ce que 100 ans, c'est que le travail valait la peine d'être fait. Et le jour où nous vivrons comme il y a 100 ans, c'est que nous n'aurons pas bien travaillé.

Pendant ce temps, les familles des familles des militants basques sont en prison. Et leurs avocats aussi.